Les dessous du trafic de grog, une enquête exclusive

Le temps gris est de retour, rhume et amertume vous envahissent. Brrr, quel cafard, c’est l’hiver.  Alors pour se remonter le moral et retrouver un peu de peps, rien ne vaut un grog bien chaud au coin du feu ou en bonne compagnie dans l’estaminet du quartier ! Avec modération, comme à l’habitude, pour éviter toute situation grogesque.

Mais au fait, que cache ce grog que vous dégustez ? Par quelle histoire a-t-il pu arriver jusqu’à vous au travers des âges et des traditions ?

Les histoires de … enquête pour vous ! Aujourd’hui, les dessous du trafic de grog.

Les ingrédients

Un grog : c’est simple, c’est efficace. Il vous faudra du rhum brun ambré, du citron, du miel, de l’eau et seulement 8 min de préparation selon les meilleurs spécialistes ! Impeccable pour calmer un rhume de façon nette, précise et bien calibrée.

L’empire du Rhum

Les bonnes choses prennent du temps, ainsi le Rhum ne s’est pas fait en un jour. Plantons le décor : c’est Christophe Colomb qui à la fin du 15ème siècle a introduit la canne à sucre, originaire d’Asie, aux Antilles sur l’île d’Hispaniola (aujourd’hui Haïti et République Dominicaine). Et en 1516 en serait partie la première cargaison de sucre vers l’Espagne.

Mais c’est plus tard, au 17ème siècle, que l’on commence à trouver des traces dans différentes îles de la Caraïbe d’une eau-de-vie tirée de la canne à sucre ou plus exactement de la mélasse qui est un résidu du sucre. Les premiers écrits sur le rhum proviennent de l’île anglophone de la Barbade sous les termes guildive (de l’anglais kill-devil) puis tafia (terme d’origine africaine ou amérindienne) pour désigner l’eau-de-vie de mélasse. Mais c’est au final le terme rhum (rum en anglais), originaire des Antilles britanniques, qui l’emportera.

De nombreuses sucreries de la région vont progressivement s’adjoindre des distilleries afin de valoriser les importantes quantités de mélasse issues du raffinage du sucre.  Les Antilles françaises vont participer et devenir un moteur du développement de la production de sucre et de rhum.

De prétendues vertus médicinales vont aussi être attribuées au rhum et en faire un élément obligatoire des rations à bord des navires de l’époque sur les mers du Nouveau Monde. Tous les marins qui se respectaient en appréciaient bien évidemment les bienfaits, même les boucaniers (ou les pirates, mais ca fait moins chic).

Il se répandra en tant que boisson en Europe et en Amérique du Nord au cours du 18ème siècle.

Voila, nous avons le rhum ! Maintenant nous voulons le grog !

Le premier grog

C’est un homme illustre,  l’amiral anglais Edward Vernon qui, en 1740, décida d’ajouter un litre d’eau chaude à chaque quart de litre de rhum que l’on distribuait à ses marins. Il voulait un peu calmer les marins qui avaient très soif et peut être aussi maintenir un certain niveau d’attention à bord. Notons que l’on retrouve encore à notre époque des procédés similaires dans certaines soirées étudiantes avec la bière, une vieille technique de flibustiers !

L’amiral avait hérité du surnom « le vieux grog » car la tenue qu’il portait en permanence était en tissu grossier, à gros grain et qu’on appelle grogram en anglais. C’est ainsi que le surnom de l’amiral devint celui de la nouvelle boisson. Par la suite, du jus de citron y fut rajouté une fois ses propriétés antiscorbutiques connues, puis du miel. Et même de la cannelle dans certains quartiers bobos de l’époque.

Bonne dégustation. Et ne déprimez pas, l’hiver c’est sympa aussi !

Et pour en savoir plus n’hésitez pas à :

  • Visitez l’une des nombreuses distilleries en Martinique ou en Guadeloupe
  • Regarder Pirates des Caraïbes
  • A déguster un bon grog, tout simplement. Quelques adresses : HERE